"Gender has nothing to do with love"

Aujourd’hui, I like that invite la super Daisy, @GoldfishFight sur Twitter, à nous parler de sa passion pour un animé vintage qui fait beaucoup parler de lui en ce moment.


La série animée Neon Genesis Evangelion est arrivée sur Netflix il y a un mois et beaucoup découvrent aujourd’hui à quelle point la série a touché certain·es ados des années 90. Il y a plein de bonnes et moins bonnes raisons d’adorer Evangelion (Eva pour les fans). Pour la finesse de son traitement des personnages adolescents, pour ses robots géants monstrueux, pour son animation, pour son générique. Pour moi, c’est parce qu’Eva m’a accompagnée dans le placard alors que j’étais une adolescente trans.

L’histoire d’Eva, c’est celle d’un monde dévasté en l’an 2000 par une catastrophe planétaire. Le pôle sud a été détruit, le niveau de la mer a monté partout, il y a eu des guerres, des famines… Si les dates sont périmées, on lui reconnaîtra quand même un côté prophétique vu le changement climatique vécu aujourd’hui. 15 ans plus tard, des monstres géants appelés “anges” attaquent Tokyo 3 la nouvelle capitale du Japon. Mais l’humanité est prête à se défendre grâce à des robots géants, les Evangelion (ou Eva), pilotés, pour on ne sait quelle raison, par des adolescent·es.

Dit comme ça, rien que de très classique. Mais Evangelion n’est pas qu’une inspiration pour Pacific Rim : c’est l’histoire d’ados de 14 ans déboussolé·es par leur sexualité, à qui on impose trop tôt trop de responsabilités. Ielles sont traumatisé·es et dépressif·ves. Venez pour une série de robots géants, de monstres et de collégiennes en uniforme, restez pour les personnages en crise existentielle.

La série ne parle pas de transition. En dehors d’un épisode bien particulier, il n’y a pas de représentation LGBTQ+. Mais dans les 90’s, la représentation, on la créait souvent nous même, avec des lectures queers de personnages et storylines parce que c’est tout ce qu’on avait. Et une de ces lectures, c’est de voir le personnage principal Shinji comme une femme trans qui s’ignore.

Shinji a un rapport compliqué avec les hommes et confus avec les femmes. Sa dépression, son désengagement de sa propre vie ressemblent à de la dysphorie et de la dépersonnalisation (un sentiment de ne pas être soi même qui touche beaucoup de personnes trans, surtout avant la transition). Si elle ne m’a pas aidée à m’en sortir, la figure de Shinji m’a au moins accompagnée pendant ces années. A l’intérieur de mon placard, je sentais qu’au moins quelqu’un me voyait, me comprenait.

Au fur et à mesure que les épisodes passent, la série se transforme en quelque chose de plus contemplatif, de plus profond et de plus beau. C’est la conséquence de problèmes de budget et de l’état dépressif dans lequel son créateur Hideaki Anno a sombré au fil des épisodes. Pourtant un des derniers épisodes montre une voie de sortie, un espoir. Il met en scène un personnage au genre et à la sexualité ambigüe, qui sera le premier à apporter à Shinji l’affection et le réconfort dont celui ci a besoin.

C’est très peu, un épisode au milieu de 26. Mais c’était une représentation, courte mais essentielle, une lumière au bout du tunnel pour tous les ados comme moi qui cherchaient une réponse dans Evangelion. J’ai mis 20 ans à la trouver, 20 ans à faire mon coming-out, parce qu’une série ne peut probablement pas à elle seule vous sauver. Mais quand j’ai revu Evangelion en 2019, j’ai su que la réponse était là, qui m’attendait depuis le début.

Pour bien faire les choses, Netflix a redoublé Evangelion dans plusieurs langues. Pour la version anglophone, c’est Casey Monglio, acteurice trans non-binaire qui a doublé Shinji. Chez Vice, la journaliste Carol Grant nous explique toute l’importance de ce choix. Quand on transitionne, trouver sa voix ça n’est pas qu’une métaphore, c’est souvent un quête très littérale, qui peut se faire avec l’aide d’un·e orthophoniste ou d’un·e phoniatre. La voix peut devenir un baromètre de notre état d’esprit, et le doublage de Casey Monglio en joue parfaitement. Pour la nouvelle VF, Netflix aura été chercher moins loin : c’est le doubleur Donald Reignoux qui s’y colle, comme il y a vingt ans. Et, si ce choix n’a pas la même charge symbolique que celui de Casey Monglio, beaucoup de fans sont ravi·es. Et moi, j’avoue, je regarde en japonais pour me rappeler des trois mots que j’ai appris dans cette langue.


Merci Daisy !

Et maintenant retour sur le plateau pour votre dose d’actu I like that.

Sortez le pop-corn 🍿

📺 Míguel, MyCanal

J’ai lancé la série israélienne Míguel sur MyCanal sans trop savoir ce que c’était. Je me suis dit “un épisode et puis au lit”. 3 heures plus tard, j’avais fini la série et n’arrivais pas à m’en remettre. 

Tom, un jeune homme de 23 ans, est au Guatemala avec une amie pour rencontrer l’enfant de 5 ans qu’il va adopter : Míguel. Rien ne se passe comme il pensait. Míguel refuse de partir avec lui et leur relation, rendue difficile par la barrière de la langue, devient de plus en plus tendue. Tom doit alors réfléchir à ce que cela veut dire d’être père. Des années plus tard, Míguel part à la recherche de sa mère biologique, accompagné de son père avec qui il est en froid. 

D’un point de vue artistique, la série est une claque (elle a d’ailleurs été récompensée à Canneseries en 2018). Filmée au plus près de ses personnages, la série est étouffante, tendue. Chaque épisode dévoile un peu plus ce qu’il s’est passé lors de ce long et raté processus d’adoption. Je vous préviens, vous n’êtes pas prêt·e pour la scène finale.

D’un point de vue représentation LGBTQ+, la série est aussi un franc succès. Tom est gay (l’histoire est inspirée de l’expérience de Tom Salama, co-créateur de la série, lui-même gay). Si cela n’a pas d’impact majeur sur le déroulement de l’histoire, cela a des impacts sur son rapport au monde. Il doit faire semblant d’être marié à son amie pour pouvoir adopter, est confronté à l’homophobie de la police et se fait agresser par des loubards (oui j’ai dit loubards parce Voyou a rendu le mot cool). Míguel parle aussi d’un sujet qui intéresse particulièrement les personnes LGBTQ+ : l’adoption. Qu’est-on prêt·e à faire pour être parent, est-ce que l’on veut participer à un système cassé, et quid de l’adoption illégale ? Bref, une série fascinante.

La série a aussi un gros level gay hors écran puisque l’interprète de Tom, Ran Danker, est bi et que Tom Salama est gay, genre “je-porte-une-robe-sur-le-tapis-rouge” gay. J’adore.

L’actu paillettes ✨

Au Liban, tout est bon pour détruire le groupe Mashrou’ Leila dont le leader, le très sexy Hamed Sinno, est ouvertement gay. Dernière en date : le groupe est accusé de blasphème après qu’Hamed Sinno a posté une image d’une icône de la Vierge Marie avec la tête de Madonna. Avant cela, le groupe avait été accusé de satanisme. Bienvenue dans les années 90 ! [L’Orient le Jour]

Notre gay idole à toustes, Sir Ian McKellen, a encore frappé. Magnéto-Gandalf vient de lancer une association pour soutenir les personnes LGBTQ+ seniors. Je suis émue. [Queerty

L’incroyable série Now Apocalypse est annulée. Je pleure. [Variety]

Je me découvre une passion pour Rammstein qui a fait flotter un drapeau LGBT lors de leur concert en Pologne. [Têtu]

Zombieland, meilleur film de zombies de tous les temps, revient 10 ans après sa sortie. La bande annonce promet un film géant et dévoile deux acteurices aditionnel·les qui se trouvent être LGB : Rosario Dawson et Avan Jogia (Now Apocalypse). J’espère franchement que l’un·e des deux jouera un personnage queer. [Ecran large]

Chaque épisode de Pose est bourré de références à des évènements culturels réels. Vulture a donc sorti un guide pour vous les raconter. [Vulture

Une maison à Hawaï, un paquet de jeunes gens sexuallement fluides, des caméras : la nouvelle émission de dating Are you the one? ne manque pas de parties de jambes en l’air et de drama. Certain·es déplorent que cela perpétue le cliché bi = débauché·es, d’autres sont ravi·es que les LGBTQ+ aient le droit d’être aussi slutty que les cishét à la télé ! Et vous ? [Out]

Oliver Stone apporte son soutien à Putin rapport à ses mesures LGBTphobes. Tranquile… [LGBTQ Nation]

Le quart d’heure musical 💃

Pour célébrer cette chute miraculeuse des températures et oublier les averses, voici une sélection qui va vous faire danser comme si vous étiez à la plage sur une île queer paradisiaque (ou alors sur la place de la Concorde avec un Ricky Martin sur le point de changer la pop à tout jamais). Garantie musiciens dans le placard (en tout cas à l’époque). D’ailleurs saviez-vous que Tutti Frutti était à l’origine une chanson sur le sexe anal ? A retrouver sur Spotify et Deezer.


N’oubliez pas que la nouvelle et dernière saison d’OITNB est sortie vendredi sur Netflix. Si j’ai le temps, je vous en parlerai dimanche prochain sinon : rendez-vous à la rentrée !

Je vous laisse avec un gif de Ricky Martin qui mène la révolte réussie contre le gouvernement à Porto Rico. ¡Ricky Martin presidente! Et parce qu’on n’a jamais assez de Ricky, voici un gif bonus de Ricky dans Glee.

A la revoyure les loulous !

Aline

Ricky Martin avec un drapeau LGBT